Des chantiers à vau-l’eau

Mandvi_bateaux (30)Au fin fond du Gujarat, sur la mer d’Arabie, Mandvi est tournée vers le large. Quand on arrive, partout d’immenses silhouettes de bateaux en construction nous accueillent au bord de la rivière. Mais en s’approchant, on ne trouve que quelques vaches, un âne, pas d’ouvriers.
C’est ici que se construisaient d’immenses bateaux de frêt en bois, destinés au commerce entre les Emirats, la Somalie et l’Inde. Cette industrie s’est effondrée depuis quatre ans, vidant Mandvi de sa population ouvrière. Les commandes ont chuté suite à de nouvelles mesures interdisant la circulation de ce type de bateau face à la piraterie grandissante dans la zone du golfe persique. La raréfaction et l’augmentation du prix du bois n’ont pas aidé le maintien de cette activité.
Auparavant, une douzaine de bateaux sortait de ces chantiers chaque année, faisant travailler des centaines d’ouvriers (qui venaient principalement du sud du pays) ; les bateaux étaient réalisés avec du bois venant de Malaisie et d’Inde et pouvaient se vendre 500 000 €.
Aujourd’hui, seule une vingtaine de personnes finissent de travailler sur deux bateaux.
Mandvi_bateaux (95)Ces bateaux nous ont impressionnés par leur envergure (45 m de long, 12 m de large et de haut). Nous avons eu la chance de pouvoir monter sur le pont et de rentrer à l’intérieur des coques en construction. La taille des morceaux de bois est hallucinante : les ouvriers soulèvent avec un simple treuil, en tongs et sans casque, des poutres gigantesques. Très peu de machines sont utilisées, le colmatage de la coque et du pont se fait par exemple à la main, avec des bandes de coton imbibées d’huile.
Ce fut très émouvant pour nous de déambuler au milieu de ces carcasses, d’en voir certaines en train d’être démantelées, et d’assister à la fin d’une industrie et d’un savoir-faire unique.

On vous laisse découvrir le tout en images.

Un commentaire

  1. C’est beau mais un peu triste quand même car ce savoir faire va se perdre ….

Les commentaires sont fermés